vendredi 17 mars 2017

Sublimer 1/2


Emma et John avaient visité une belle exposition, profitant des dernières lueurs du jour pour apprécier les peintures, les grands formats mais aussi les minuscules œuvres d'artistes connus ou méconnus. Une balade rituelle pour voir les salles de l’événement du moment mais aussi pour reprendre les escaliers dérobés vers les sous-sols, vers les collections permanentes. Coins et recoins libres, sombres parfois, sans grand monde car ce soir c'était une visite réservée aux membres de l'association Vins & Arts. Un privilège qui laissait libre accès à toutes les pièces, sans une surcharge de touristes. Ajoutant au bonheur de pouvoir glisser en silence, du moins juste avec les talons fins d'Emma vers la salle des statues, avec un bow-window fermé de lourds rideaux de velours vert émeraude. Lui laissant au sol sa besace, elle avait disparu en un clin d'oeil, souriante en se retournant vers son suiveur, espiègle.

En un tour de main, elle avait retiré son chemisier de mousseline caché sous son blouson de cuir cintré. Seul son soutien-gorge, les lanières noires lardaient ses seins généreux, sa peau claire, sa chair orgueilleuse contrainte derrière le zip du cuir. En revenant vers lui, d'un geste sûr, elle avait enroulé son chemisier vers son sac à main, 

"J'ai envie de vous ... autant que vous semblez avoir envie de moi. Rentrons maintenant."

Toute aussi décidée, elle était remontée vers les autres salles pour saluer quelques amis, la responsable de cette visite privée et encore quelques autres fidèles de ces sorties artistiques. Elle fendait de son désir la foule, laissant les regards s'échapper des tableaux vers ses jambes nylonées, la couture fatale, les talons complices, la jupe patineuse aussi souple et volante que son buste enfermé dans l'armure de cuir. Rien ne m'arrêterait. John souriait en embrassant rapidement quelques amies, serrant des mains de leurs compagnons et observant avec délice ce nylon conquérant.

Dehors, dans la lumière orange des lampadaires, leurs reflets multiples sur les statues du parvis, elle filait vers leur voiture, Elle ouvrit les portes pour prendre le volant.
"J'ai envie de toi, J'ai follement envie d'être à toi, soumise à tes désirs."
John sourit en l'embrassant après avoir mis sa ceinture. Elle s'envola d'un tour de volant dans la rue déserte. Lui caressait de sa main gauche les cuisses de sa belle, remontant le fin tissu de la jupe, frôlant le revers de nylon, observant les liserets délicats, jouant entre la peau soyeuse et le voile.

Plusieurs rues, le calme d'une ville en plein dîner. Quelques feux tricolores, un silence, des regards chargés de gourmandises l'un pour l'autre. Emma patienta pendant l'ouverture du portail, dézippant la moitié de son blouson.
"J'ai fait livrer des tapas ce matin. Un bon champagne pour me dévorer avec !"

Une exclamation pour une dégustation pleine d'obligeance, une étincelle pour embraser le feu d'artifice de cette soirée naissante.





Feux éteints, deux portières qui s'ouvrent puis se ferment, les talons fins qui crépitent sur les dalles japonaises dans la lumière automatique, rasante dans son halo entre les brins d'herbes. La clef, la porte et enfin le couloir de cette maison ancienne, des murs gris clairs, des chambranles blanc satiné surlignés d'un trait rouge, ce carrelage blanc et noir, cette commode longue en laque blanche surmontée de porte-manteaux rouges.
"Libérez-moi de l'inutile."

John l'embrassa dans la nuque, dézippant d'un main devant elle le cuir. Il l'enleva, étalant la matière lourde sur la commode, laissant les épaules recevoir d'autres bises chaudes. D'une main il appuya sur le milieu du dos, l'obligeant à se pencher en avant. Dans la lumière froide, son regard suivi les petits carreaux du sol, noirs ponctués des deux talons hauts, il remonta. Une couture émergeant sous le talon, le voile fin, semi-opaque, la cheville, la bride doublée autour de la jambe, il caressa des yeux cette perfection de lignes et de courbes dont il ne lassait jamais. Ses mains l'accompagnait dans cette remontée en apnée, vers la surface, vers les mollets, l'ivresse des profondeurs en s'arrêtant, en frôlant, en contournant la pression des genoux, les petits plis, et la libération de voir plus loin. Les cuisses. Symboles de cette volupté, cette chair vraie qui allait vers l'intimité, vers le plus grand mystère au féminin, vers la source de vie. Il posa ses mains sur les revers, respira à nouveau, souleva la jupe légère. combinant ce cocktail de nylon ultra-doux, la chaleur de la peau désirante et la fluidité d'un tissu froissé toujours plus haut.

Les arrondis, deux, la chair dans son absolu de finesse. La jupe posée sur les reins, il caressa avec une infinie délicatesse, l'une puis l'autre, les fesses.  Deux doigts glissés sous un élastique, un mouvement, des passages au -delà des jarretelles, des rubans de satin et des attaches, un autre mouvement.
Un string maintenant sur le cuir, posé, oublié, inutile.


John redressa Emma, lui prit la main pour aller dans le petit salon chaud. Un parquet de bois ancien, des bibliothèques, des livres partout, deux canapés chesterfield en cuir épais, des fauteuils club pour entourer une table basse.
" Prenez place. J'allume la cheminée, j'apporte ensuite les tapas et le champagne."

Emma sourit s'installant  dans un fauteuil, le dos calé sur le cuir, les seins pesant dans les brides de son soutien-gorge noir. Ses jambes posées sur le bord de la table basse, écartées.


à suivre ....

M. STEED





samedi 31 décembre 2016

Fêter la fin de l'année

Réveillon, un mot encore abstrait en cette fin de mois de décembre. Le travail, les déplacements et les derniers projets demandés à la dernière minute, les derniers emails avant de fermer le portable pour clôturer cette année, pour quitter cette tour en verre, dans le blizzard d'hiver. Son costume, ses pas assurés vers le taxi, vers la chaleur, vers son appartement et sa douche tiède. 







Quelques heures de détente pour échanger des voeux avec des amis habitant Singapour ou d'autres pays d'Asie, la chaleur de la cheminée dans son bureau, un thé chaud, des messages vers elle bien sûr, absente aujourd'hui, partie auprès de ses amis en province. Emma avait pris le temps de quelques selfies, une initiative rare mais qui lui montrait son habillage après le maquillage. Un serre-taille noir, un modèle délicieux de transparence, moulant ses hanches, sans autre lingerie. Des bas noirs, des coutures, un revers qu'il pensait vintage car peu classique, large et soyeux. Elle avait glissé ensuite une robe bustier en cuir sombre, luisant sous le flash, mettant en avant la matière charnelle sur son corps. Dessus elle avait enfilé un top court en dentelle noire, du plus bel effet. Un nuage de parfum, elle était dans sa chambre d'hôtel non loin de chez ses amis. Une bouteille de champagne, plus exactement un magnum millésimé, pour un réveillon dans cette maison de notables, avec ce jardin éclairé de mille leds sur la pelouse givrée, la dernière photo avant d'entrer.

Il s'était douché, préparant sa chemise, son caleçon de soie, ses chaussettes douces de couleur orange, son costume trois pièces d'un gris foncé, doucement ligné. La cravate avait pris plus de temps, dans son dressing, il avait été attiré par la nuisette de soie bleue laissé par sa belle. John voyait encore ses mains sur les hanches d'Emma, soulevant le tissu pour mieux tenir le corps basculé sur ce fauteuil club disposé dans la déco de cette longue pièce. Elle avait écrasé ses seins plantureux sur le dossier, posé ses genoux sur le cuir vintage, ses bas glissant sur la matière capitonnée, les talons à l'horizontale, lui derrière. Il avait pris possession de ces rondeurs arrière, tout aussi délicatement que profondément. 

Une cravate en soir bleue, non, finalement, une variante orange, son style, avec trois tons de la même couleur, un jeu sur le tissage des matières. Ensuite chaussures vernies, manteau et écharpe douce en laine fine, un plumetis très câlin pour son cou.




Elle avait revu des amies de son enfance, parlé avec des couples, des petits groupes entre anecdotes de l'année écoulée, professionnelles ou de la vie quotidienne. Dans une autre pièce, il avait dansé, bu du champagne, fêté avec des rires les moments de cette soirée, les belles déclarations dont une soudaine demande en mariage. L'assistance avait applaudi le geste, l'émotion des larmes de joie de la belle. Mais son coeur était ailleurs, plus encore son corps n'attendait que lui. Emma se sentait si belle, si libre sans sa lingerie mais elle espérait sa main entre ses jambes, discrètement, lui s'amusant de son bouton de plaisirs. Son imagination l'avait obligé à prendre quelques minutes, seule dans une chambre d'amie pour relâcher cette pression, jouir tout simplement, avec ce womanizer discret dans son sac, remis tout humide dans sa pochette de satin rose. Mais un seconde vague revenait vers son corps, traversait celui-ci depuis ses bas noirs jusqu'aux aréoles tendues. De belles remarques sur sa tenue l'avait charmée, mais elle voulait plus. La chaleur de son homme, autour d'elle, ses bras, en elle, son sexe chaud.

Alors après deux heures de route, sans personne, dans le froid, avec les fantômes blancs des arbres givrés, elle avait fait un retour rapide vers la capitale, oubliant les bises et les messages de "bonne année, bonne santé". Devant cette large porte, sous ce porche, sur la rue, elle cherchait le code, des fétards lui avaient ouvert, eux sortaient de cette belle résidence, Emma avait gravi l'escalier cossu, jusqu'au troisième étage. Les pieds débarassés de ses hauts talons, dans la mollesse de cette moquette épaisse que l'on ne trouve que dans ces habitations hausmaniennes. Là devant cette porte, elle avait composait son numéro, un sms pour John.

"Je vous attend avec le champagne, sans trop de lingerie, pour les premiers bisous de la nouvelle année. Où ? devant la porte de vos amis !"




M. STEED